Un patrimoine historique riche et passionnant...

  En effet, si sa morphologie générale est conforme à celle des nombreuses statues des XII° et XIII° s. conservées dans la région (attitude hiératique, visage sévère de la Vierge reine, dénué d'expression), sa facture est en tous points originale. Ses genoux sont particulièrement écartés, rappelant ainsi qu'il s'agit en sa personne du trône de la Sagesse; elle s'efface derrière son divin fils qu'elle présente, les mains ouvertes.
Détail original : elle tient dans sa main droite une colombe, ce qui rappelle l'iconographie des "Vierges à l'oiseau", plus tardives. Pour la réaliser, l'artiste a sculpté une âme en bois de chêne qu'il a ensuite habillée sur toute sa surface avec un métal très malléable, probablement un alliage de plomb et d'étain. La plus grande partie du revêtement a été exécutée ou repoussée mais certaines parties ont pu être obtenues par moulage ou par estampage comme les lettres de l'inscription occupant le devant du socle.

L'ensemble est peint dans des tons bleu, rouge et or très bien conservés. L'origine de cette statue haute de 0,52 m est inconnue, sa datation est incertaine (classée Monument Historique en 1904 comme étant de la fin du XIII° s. ou du début du XIV° s.). II existe peu d'œuvres analogues répertoriées. Bien que le revêtement métallique soit d'un poids modeste, on peut supposer que nombre d'entre elles ont été fondues. Notre-dame de Châteauneuf peut être comparée aux Vierges de Thuir (Pyrénées-Orientales), Saint-Georges-de-Batailles (Loire) et de Barcelone (Espagne). Une légende rapporte qu'elle aurait été ramenée d'Orient par un seigneur de Montmorin St Héreme qui avait participé aux Croisades. Cachée durant la Révolution par Mme Foussat, du Got, cette vierge fut exposée en l'église St-Valentin avant d'échouer à la cure, où l'abbé Rance l'a prise pour l'installer en bonne place dans l'église.
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